Vue aérienne d'un village français ancien avec des toits en tuiles et un clocher.

Brignoles perd Noël Rosé, maire au mandat mouvementé

Par la rédaction de jouerparler.fr — 3 septembre 2026

Noël Rosé, ancien maire de Brignoles et ancien bâtonnier du barreau de Draguignan, est décédé vendredi 28 août 2026 à l’âge de 74 ans. La Ville a annoncé sa disparition en rappelant son parcours juridique et un passage à la mairie marqué par une longue crise politique locale.

Ses obsèques auront lieu vendredi 4 septembre, à 14 h 30, en l’église de la Réconciliation de la communauté de Taizé, en Saône-et-Loire. La municipalité a adressé ses condoléances à son épouse, Édith, à leurs trois enfants, à leurs petits-enfants et à l’ensemble de la famille.

Du barreau de Draguignan à la mairie de Brignoles

Avocat, Maître Noël Rosé avait exercé les fonctions de bâtonnier du barreau de Draguignan. Son activité professionnelle s’était également prolongée dans les revues spécialisées, où il avait signé plusieurs publications juridiques.

Son nom reste aussi attaché à une séquence singulière de l’histoire municipale de Brignoles. En mars 1977, il conduit une liste d’union de la gauche et devient maire après l’obtention de 19 sièges sur les 23 du conseil municipal.

Cette majorité initialement large ne résiste toutefois pas aux désaccords entre élus. Dès le mois de juillet, le conseil ne peut plus siéger faute de quorum : sept socialistes et cinq modérés refusent de participer aux réunions, selon une édition du journal Le Monde citée dans le récit publié par la Ville.

Une majorité brisée et une succession contestée

La paralysie touche rapidement la gestion municipale. Le budget primitif est rejeté et aucun accord n’est trouvé entre le Parti socialiste et le Parti communiste. Noël Rosé démissionne alors du conseil municipal le 20 novembre 1978.

Le 12 décembre, les élus tentent de désigner un nouveau maire. Seul candidat, Noël Rosé obtient huit voix, tandis que quinze bulletins blancs sont déposés. Après trois tours de scrutin, Raymond Thirard, dissident socialiste soutenu par le PC, est élu avec onze voix contre huit à Noël Rosé.

Le quotidien national évoque alors une « révolution de palais » née d’une méconnaissance de la loi et ouvrant une longue procédure. Le tribunal administratif de Nice, à la fin du mois de janvier, puis le Conseil d’État, le 7 mars, affirment la validité de l’élection de Maître Rosé. Celui-ci choisit cependant de ne pas reprendre l’écharpe de maire.

Une crise municipale prolongée jusqu’en 1980

Pour expliquer son renoncement, Noël Rosé maintient publiquement la position qui avait motivé son départ. Les conditions politiques locales, estime-t-il alors, ne permettent toujours pas de gouverner la commune dans la configuration issue des élections.

La crise ne s’achève pas immédiatement. Elle se poursuit jusqu’en 1980, année de l’élection de Jacques Cestor à la mairie de Brignoles. Cette période demeure l’épisode public le plus marquant du parcours de Noël Rosé, parallèlement à sa carrière au sein du barreau de Draguignan.

Les obsèques célébrées à Taizé le 4 septembre

La cérémonie funéraire est fixée au vendredi 4 septembre à 14 h 30. Elle se déroulera en Saône-et-Loire, dans l’église de la Réconciliation de la communauté de Taizé.

Dans la déclaration rapportée par la Ville, Noël Rosé résumait ainsi sa décision de ne pas reprendre ses fonctions : « Les conditions qui ont amené ma démission en novembre 1978, à savoir l’impossibilité de gérer la ville avec les communistes, n’ont pas évolué. »

Source: Ville de Brignoles

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